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Pierres ā bassin

Définition | Erosion | Pierres cultuelles | Bassins techniques

Pierres ā bassin de la montagne thiernoise | Pierres ā bassin de France et d'autres de pays


Une multitude de bassins en formation sur un rocher du Doubs

 

 

 

 

 

La présence immédiate du Doubs met en évidence le creusement naturel de ces bassins..

 

 

 

 

 

 

Les bassins en formation du ruisseau Neuweiherbach dans le massif des Vosges (Haut-Rhin - 68) : un exemple de creusement naturel.

 

 

 

 

 

 

L'action de l'eau du Doubs sur les cavités où sont emprisonnés les graviers créent cette multitude de bassins.

L'érosion

Les géologues pensent que ces pierres sont le fruit de phénomènes naturels dus ā l'érosion. Ces creusements remonteraient ā des périodes fort éloignées où les glaciers auraient formé, de par leurs mouvements, des bassins. L'action des torrents creusant des "marmites de géant" ou l'acidité de l'eau de pluie sur des cavités naturelles du rocher sont également des hypothèses avancées. Il est ā noter que la grande majorité de ces bassins possède un déversoir, élément qui paraît trop caractéristique pour un seul phénomène naturel.

Nous citerons ici l'avis d'Henri Pelletier (La Limagne : Géologie Archéologie) :

Curieuse morphologie du granite

" On se trouve lā en présence de vasques, de cuvettes, d'auges, de coupelles creusées profondément dans le granite et dont le fond est souvent rempli d'eau, sauf en période de grande chaleur et de sécheresse en été. Le granite est ā gros grains dont les grands cristaux de feldspath aux faces parfois miroitantes se voient bien; il est dur et sain. On se pose donc la question de savoir ce qui a pu le creuser aussi profondément. Certaines cuvettes sont encastrées les unes dans les autres et reliées par des goulets qui sont visiblement des diaclases naturelles du granite, c'est-à-dire des lignes de clivage attaquées et rongées par l'érosion. Il est difficile d'admettre que ce sont les gouttes de pluie qui ont creusé ces vasques larges et profondes. Plusieurs solutions s'offrent selon nous pour expliquer ce modelé curieux et dont le processus de formation n'a pratiquement pas été étudié en Auvergne. Il est possible d'admettre qu'il s'agit d'une action chimique de l'eau de pluie qui séjourne et imprègne la roche dans le fond des vasques; en hiver s'y ajoute l'action du gel qui disjoint les cristaux, ou même les fait éclater s'ils sont fissurés (feldspath). On trouve au fond des vasques des cristaux isolés et libres de feldspath mais assez peu de quartz. L'eau stagnante au fond des vasques est acide (pH peu élevé) ; ceci peut être dû ā une teneur en silice solubilisée, mais aussi aux débris végétaux qui y tombent et s'y décomposent ainsi que les algues vivantes qui s'y installent dans l'eau croupissante. Ceci est une première hypothèse assez satisfaisante : tout aurait commencé par une simple flaque d'eau qui, peu ā peu par les processus que nous venons d'indiquer, se serait très lentement élargie et approfondie. Mais cette morphologie pittoresque et inattendue n'existe pas que sur cet éperon. M. Beaujeu-Aiguebonne, président de la société des études locales de Thiers, en a répertorié plus de 150. Nous en avons visité un certain nombre et ils sont tous caractérisés de la même manière. De plus on connaît une érosion du même genre en Bretagne sur certaines crêtes, mais aussi en Auvergne dans le lit de certains torrents : par exemple la Monne qui est sur la bordure occidentale de la Limagne. Ceci nous conduit āune deuxième hypothèse : celle d'une érosion torrentielle, ou d'une érosion glaciaire. Dans une de ces marmites, en un point qui ne nous avait pas été signalé en bordure d'une terre labourée, nous avons trouvé un galet sphérique en granite et un agriculteur en a trouvé également un près de Saint-Rémy-sur-Durolle. De tels galets existent dans les marmites torrentielles, entraînés par l'eau et prisonniers d'un bas-fond dans le lit d'un cours d'eau rapide ; ils érodent le granite et finissent par creuser une de ces vasques que nous connaissons. On pourrait donc admettre que lors des dernières périodes glaciaires en Limagne, les plateaux qui la bordaient alors comme aujourd'hui étaient couverts d'une couche de glace qui ne fondait que très momentanément en été, et peut-être même pas entièrement. Au moment de la fonte, les eaux d'écoulement devaient se creuser des passages sous la couche de glace et y entraîner des fragments de roche qui, sur un replat ou dans un ressac, pouvaient se trouver pris dans un tourbillon d'eau et y rester prisonniers. De cette sorte, le même phénomène que les marmites torrentielles se serait produit et expliquerait ce que nous découvrons aujourd'hui. "

Dans les Vosges, ce phénomène est observé également dans les bancs de grès. Voici un extrait du livre "L'Alsace et les Vosges : Géologie, milieux naturels, flore et faune (Yves Sell / Editions delachaux et niestlé 1998)

"Les rochers ācupules et ācuvettes

A la surface des bancs de grès s'observent parfois des dépressions hémisphériques de quelques centimètres ou de quelques décimètres de diamètre : ce sont les cupules et les cuvettes. Leur origine est naturelle. En effet, certains bancs de grès renferment des concrétions sphériques, de taille variable, riches en carbonate de calcium. Lorsque ces roches viennent āaffleurer, les eaux de ruissellement dissolvent les carbonates. Alors naissent des cavités de section circulaire, cupules et cuvettes."

Dans le massif des Vosges (Haut-Rhin 68), au bord du ruisseau Neuweiherbach (trop plein du lac "petit Neuweiher"), deux petits bassins sont visibles dans un banc de granite āun ou deux mètres du ruisseau. En les étudiant, on remarque qu'ils sont remplis d'eau, de sable et de gravier. Dès que le niveau du ruisseau augmente, ces cavités récupèrent sable et gravier qui tourbillonnent et creusent le bassin de façon parfaitement sphérique (15cm de diamètre pour 10 cm de profondeur).

Il n'est pas rare de trouver des bassins en formation appelés plus communément "marmites de géant" dans les torrents ou rivières sur lits rocheux. On peut en observer de très belles dans le ruisseau de l'Abîme près de Saint Claude dans le Jura (39).

 

Bassins et "marmites de géant" en formation dans les gorges de l'Abîme près de Saint Claude (Jura)

 

En contrebas du "saut du Doubs" (Haut-Doubs - 25), un rocher remarquable présente une multitude de bassins de tailles diverses sur le lit du Doubs . Le fond de ces bassins est plus ou moins rempli de sable et de graviers. Ces bassins sont donc encore en cours de formation... Un exemple frappant de bassins issus de l'érosion naturelle par l'eau.

Bassins avec déversoirs présents sur un rocher dans le Doubs (Doubs)

Ces phénomènes naturels de creusement par l'action de l'eau expliquent en partie la forme étrange des bassins. En effet, les bassins sont en majorité sphériques, de tailles variables et parfois, ils peuvent fusionnés entre eux créant des formes étranges qui rappellent des corps humains. Les déversoirs que l'on retrouvent en grande majorité sur la plupart des bassins seraient issus du débordement permanent du bassin alimenté en continu par la rivière. Au bout d'un certain temps (année, sičcle, millénaire... ?), cet écoulement finit par marquer la pierre en créant un déversoir.

Ceci signifierait que la majorité des pierres ā bassins auraient été créées en des temps reculés par un cours d'eau aujourd'hui disparu...

 


 

Les taffoni corses

(extrait du livre "Civilisations perdues de l'Alta Rocca" du Parc Naturel Régional de la Corse)

" Littéralement "taffonu" veut dire trou. C'est le résultat d'une érosion ācaractère physico-chimique qui affecte également les roches en place. La décomposition débute āpartir de la destruction de certains cristaux plus fragiles comme le mica noir. Lorsque la cavité est assez grande, on constate le départ de petites plaques de roche. Cet écaillement et cette désagrégation sont certainement dus aux changements brusques de température et āl'évaporation de l'eau qui imbibe la roche. L'altération se produit surtout dans le plafond de la cavité, lāoù l'air fortement chauffé par le soleil, s'accumule ; aussi l'entrée d'un "taffonu" est toujours tournée vers le bas. "

 

Bassins, cupules, trous et autres formes étranges dus, dans ce cas précis de la Corse, āl'érosion

 


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